Filets d'écriture·Gribouiller

Airs d’immigrations

Avoir le cœur qui pleure

La tête plongée dans l’eau

Tel le flamant rose

Le regard perdu dans les ocelles pierreuses

Rouler telle l’eau

Les yeux rocailles

Ouverts sur les arêtes grises

Avoir la fatigue au creux en colline

La tristesse d’un rien sous les reins ;

S’éparpiller en mille fracas de sable

Mouiller les yeux

Tordu le cou dans cette élongation

D’une fuite désincarnée

Il est où l’oiseau

A renvoyer au ciel

Aux cieux,

Aux yeux qui pleurent

Pourtant secs comme des ongles

Qui grattent l’azur

En mille rayures

Sentir la poésie qui pleure

Dans ce fourvoiement des âmes

Sentir l’agression en de multiples plaies

Comment survivre ici-bas

Quand l’appel

D’en haut se fait si violent

Les vents se lèvent

En marée humaine

L’épine s’acharne

S’affaire

En échardes de chair

Pleurer à n’en plus pleuvoir

S’ennuager de gris

A force de se perdre dans

Le brouillard

Avoir la gorge en feu

Tenir la dragonne à distance

Etablir un rayon de feu

Contre la haine

La violence

Puis la fissuration des murs

Découvre l’hibouité

Plus chouette que ces histoires

De politique incorrecte

Avoir le crayon qui pointe

Droit vers la lune

L’escalade à la fuite

La cigogne saisie au-dessus du toit

Le mâle a la patte cassée

Mais il vole quand même

Son petit l’attend

Sortir du nid

Epouvanté par

Ces fils électriques

Tous s’en balancent

Comme le jasmin en fleur

Rose plié sous le vent

Sous la porte le doryphore

Fait l’effort de reconquérir la feuille

Au milieu des glissades d’’escargolades –

bleu

Les mauvais traitements déchirent

l’écorce

Qui se fend comme le bambou

Ecorché

Le flamant résiste au courant

De froid se colore

La gourmandise s’emparade et

Tous de plumes s’enorgueillissent

Au fond de l’Eglise sur sa croix

Il pleure dans les gouttières

De l’orgue

Il chante le soir le coucou

Sur les œufs cassés

Adopté utilement

Sans adhésion parentale

Il nourrit de son chant

La perte du désoeuvrement

A quoi bon pleurer

Bon sang tant qu’il coule

Le corps figé sur la branche

Ils chantent pourtant

Encore

Ces airs d’immigrations

Tous ces rejets d’os

La mémoire en bataille

Domptée dans la lisseur

Des pages blanches

Ainsi s’ouvre le paon

Et l’Immaculée Conception .

Demain ils iront

Découper les montagnes

Et redorer l’azur

Comme on redore l’espoir .

 

8 mai 17

Coralie Adato

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